Elaska - Elevage de Malamutes d'Alaska Of Selawik River

Aller au contenu

Menu principal :

Elaska

Les activités > pistage

Evening Star Elaska Of Selawik River dite Elaska esty la première Malamute d'Alaska a obenir son brevet de pistage français . Daniel Garnier son propriétaire a accepté de nous raconter son expérience.

    


Elaska et Daniel , une belle histoire de complicité



Avant-propos.

Les puristes du pistage, comme les puristes de la race vous feront remarquer que le malamute « n’est pas fait pour ça ».

Pourtant, en dehors de sa fonction de chien de traîneaux, le malamute a toujours été utilisé par les Inuits pour la chasse ! Il a incontestablement du flair. Le pistage n’est pas de la chasse, mais s’en rapproche : il met en œuvre les mêmes sens et processus cognitifs.

De ces remarques, il faut comprendre que le malamute ne gagnera jamais un championnat de pistage, quelle que soit la nature du concours. Cela me paraît exact, tant on demande une perfection, voire une mécanisation du pistage à haut niveau qui ne lui convient pas. Le malamute reste un vrai chien.

Elaska étant mon premier malamute, je ne peux pas généraliser son comportement à tous les malamutes. Mon approche du chien évolue aussi dans le temps. Quelles sont les influences de la race, de la personnalité de ma chienne et de mes pratiques ? Difficile de le dire. Incontestablement, j’ai découvert un chien différent des chiens de berger auquel j’étais habitué et cette découverte m’a permis de réfléchir et d’affiner mes pratiques éducatives, d’initiation au pistage et de me rendre compte de l’intérêt de cette activité pour l’équilibre d’un chien quel qu’il soit.




Kamelot's Just A Celtic Dream dite Jenny, la grand-mère d'Elaska en pleine quête



À la recherche de la perle rare.

Pour ma culture cynophile, j’ai voulu comprendre une autre race qu’un chien de berger. Tous les critères de choix que je m’étais imposé se sont effacés lorsque j’ai vu une magnifique photo d’un malamute. Je suis resté stupéfait devant la beauté de ce chien et subjugué par sa prestance et son regard doux, lointain et mystérieux !

N’étant plus très sportif et n’habitant pas un pays de neige, j’ai décidé d’offrir à ma future compagne sa part de nature, de rêve et de plaisir grâce au pistage que je pratiquais déjà, et j’ai abandonné mes idées de gloire inutile.

J’ai donc contacté l’AMCF ;  avec une question subsidiaire : quelqu’un s’est-il essayé au pistage avec un malamute ? La réponse n’a pas tardé : Mme Judith G
ogibus, élevage des Selawik River.

C’est ainsi que j’ai tiré le bon numéro : Elaska, fille de Roma et de Nanouk et petite fille de Jenny, le seul malamute à pratiquer le pistage en France !  Cette peluche je l’ai attendue deux ans !

Craignant une trop grande indépendance du malamute, je souhaitais une chienne la plus proche possible de l’humain et pas trop téméraire.  Judith me l’a choisie et j’ai eu en prime une chienne charmeuse et magnifique !

L’éducation de base.

J’ai éduqué Elaska avec un seul objectif : créer une excellente relation entre nous afin de contrer le caractère a priori assez indépendant du malamute.

Cela a consisté à faire participer Elaska à toutes mes activités et à lui parler beaucoup comme on parle à un enfant de deux ans qui découvre la vie et qui veut tout savoir, tout comprendre. Certes, Elaska ne comprend pas tout, mais elle cherche toujours à me comprendre, nuance ! Pour le minimum d’obéissance nécessaire à la vie avec un chien (elle est brevetée en obéissance), j’ai utilisé le clicker et les méthodes amicales et positives, seules valables.
Pour qu’une relation équilibrée se créer, il me semble qu’il faut que le chien puisse aussi interpeler son maître, avoir son mot à dire en quelque sorte. Je réponds souvent à ses demandes que j’ai ritualisées pour qu’elles ne soient pas envahissantes. Ainsi, au moment de ses repas elle vocalise quand l’heure est arrivée,  elle participe à mes repas en se couchant à mes côtés, pour les sorties elle me montre la laisse quand je m’approche de la porte, etc..

L’ éducation préparatoire au pistage. Le rapport de l’objet.


                                            
    Jenny , la grand-mère d'Elaska rapporte l'obet avec enthousiasme





Quelques années plus tard ... Elaska la même fougue



Le pistage se décompose en un suivi de piste et en un rapport de l’objet trouvé. Il est possible de travailler le rapport d’objet « à la maison » en dehors de la piste.

Comme je découvrais cette race, j’avais aussi par mes lectures, l’apriori que ce chien n’était pas un adepte du rapport d’objet, qu’il préférait se garder et déchiqueter la chose à sa guise ! J’ai expérimenté que le petit bout de bois craquait bien sous les dents d’Elaska comme une allumette !

Je me suis interrogé. L’objet idéal devait être solide et attractif. Je l’ai fabriqué à partir d’un tuyau en PVC percé de petits trous et un bouchon à vis. Garnie de friandises, cette boite à bonbons était à la fois l’objet et la récompense. Elaska a vite compris qu’elle avait besoin de moi pour l’ouvrir et s’est vite motivée pour allez rapporter « le petit objet » ! Mot magique qu’elle connaît bien. Qui peut résister à aller chercher la boite à bonbons ?

L’initiation au pistage. Le travail sur la piste.

Les premières pistes se font toujours dans des conditions idéales, c'est-à-dire au petit matin sur des prairies d’herbes rases et si possibles, peu fréquentées par le gibier.

Pendant trois mois, sur les premières pistes en libre ( le chien partant seul sur la piste),  je me suis attaché à obtenir d’Elaska,  un suivi au plus près, nez au sol . Échec. Non seulement elle ne pistait pas nez au sol, mais elle se décalait toujours par rapport au vent bien que cela ne l’empêchait pas « remonter » pour trouver l’objet !

Je suis donc passé au rapport d’objet en longe*** en parsemant la piste de friandises façon « Petit Poucet » afin de l’obliger à mettre le nez au sol et de lui faire acquérir un peu de technique pour les pistes avec angles. Gourmande, Elaska suivait bien la piste. Mais dès qu’elle était en libre ou que je ne mettais plus d’appâts au sol, elle relevait de nouveau le nez !

Je constatais pourtant qu’elle aimait pister, qu’elle prenait son plaisir !  Trop parfois, elle semblait faire des « tours d’honneur » pour se défouler. Qu’importe la rigueur, elle manifestait sa joie ! À trop faire des pistes droites et simples, j’ai craint qu’ Elaska s’ennuie et ne se dégoute de ce jeu. Je suis passé outre ce « défaut » et j’ai continué l’apprentissage en augmentant les distances et en compliquant les pistes avec des angles. C’est alors que j’ai compris qu’Elaska savait parfaitement se servir de son nez ! Quand l’odeur lui venait bien, elle pistait à mi-hauteur « sous le vent », et se confirmait de temps en temps nez au sol en se rapprochant du tracé, quand l’odeur était plus légère, le terrain plus difficile ou le vent dans le sens de la piste, Elaska pistait bien le nez au sol ! Quand elle perdait la piste sur un angle par excès d’enthousiasme, elle ralentissait, levait la tête et humait l’air comme un Pointer, pour revenir sur la piste ! Elle me prouvait qu’elle avait du nez et une logique de pistage qui n’est pas celle des concours !

Son pistage est un pistage plaisir, naturel, rien à voir avec les robots de compétition ! J’ai continué dans cet esprit jusqu'à son brevet.




Elaska en longe


et en libre


*** Avec des chiens trop exclusifs et proches de leur maître (les chiens de berger), le pistage en longe moins angoissant pour  le chien que le pistage en libre, risque de faire apparaître un défaut difficile à corriger : le chien ne veut plus partir seul en piste libre, il attend son maître ! Avec des chiens plus indépendants comme les chiens nordiques ou asiatiques, ce risque n’existe pas.  

Particularités du pistage d’Elaska, sinon du malamute.

Par rapport au pistage habituel d’un chien de berger, en plus de cette façon naturelle de pister, Elaska est très attentive et sensible à son environnement. Un meuglement dans le lointain, un bruit insolite, un reflet du soleil dans une vitre de voiture, Elaska s’arrête, lève la tête, regarde, écoute puis repart ! Est-ce sa sensibilité personnelle, une constante chez le malamute ou ma façon de l’avoir éveillée au maximum, je ne sais pas. Mais j’en ai tenu compte dans sa préparation au brevet.

Quand elle piste en libre, je sens qu’elle a besoin de ma présence, même lointaine,  elle me jette de temps en temps un regard furtif. Je pense qu’elle se rassure. Est-ce un besoin chez le malamute, plus attaché à son maitre qu’il veut le faire croire ? Ou est-ce encore un comportement que j’ai induit ? Mystère.

Son instinct de chasse étant fort, il lui arrive de s’occuper d’un mulot au lieu de sa piste ! Au bout de trente secondes, si le mulot n’est pas coopératif, elle s’arrête me regarde, l’air de reprendre le cours de ses idées et repart en piste. J’ai fini par trouver cela drôle !

Gros avantage du malamute sur les chiens de berger : c’est qu’il aime les humains !  Ainsi passer d’un pistage sur les traces du maître à un pistage sur un étranger et rapporter cet objet différent à son maître ne lui pose aucun problème !  (Je connais un malinois qui ne veut pister que sur son maître !)

Ma plus grande surprise, je l’ai eu en stage . Quand l’animatrice m’ a demandé de « prêter » ma chienne , pour faire une recherche en longe sur moi. Je savais qu’il n’y avait pas de difficulté particulière, Elaska m’a retrouvé plus vite que l’aurait voulu la conductrice qui est tombée, emportée par la fougue d’Elaska. Mais quand dans l’exercice suivant , Elaska est partie sans moi, rechercher une personne autre que moi et que tout s’est merveilleusement bien passé, là j’ai compris qu’Elaska ne m’appartenait pas complètement, qu’elle était une vraie personne animale ! Je pense que c’est un comportement de malamute, le standard dit « amical et non le chien d'un seul maître » ! Faire cela avec un chien de berger me paraît inenvisageable !

Mes conclusions.

Découvrir un nouveau chien est passionnant et très enrichissant. C’est ainsi qu’Elaska m’a forcé à réfléchir à mes pratiques éducatives. Aujourd’hui j’utilise totalement ses enseignements.  Pour les chiens complètement débutant, « n’ayant pas le rapport d’objet », je pratique une recherche du maître très progressive avec la mise en place du rituel de départ, et l’acceptation du « petit objet » secoué comme un hochet .  Les résultats sont rapides et spectaculaires : après trois ou quatre recherches du maître, la plupart des chiens sont capables de passer à une piste et de ramener l’objet !

Pour faire comprendre à un amateur débutant les subtilités du pistage, je lui « donne » Elaska à conduire. Je n’ai alors, qu’à l’accompagner pour le mettre dans l’état émotionnel adéquat pour qu’il ressente le comportement de ma chienne!  

Aujourd’hui, mon travail en pistage consiste avec mes « élèves »  à trouver l’équilibre entre l’angoisse du chien un peu timide, seul loin de son maître, le plaisir de la recherche et la joie des retrouvailles. Avec un chien plus indépendant, voire fugueur, l’activité de recherche c'est-à-dire de liberté autorisée et partagée avec le maître est un facteur de rapprochement fort. Il semble que chien et maître deviennent complices d’un simulacre de chasse commune  !  C’est en cela que le pistage équilibre les chiens, soit en les rendant plus autonomes, soit en les rapprochant de leur maître. Personnellement, je ne connais pas de meilleure thérapie.

Elaska est devenue ma meilleure collaboratrice dans mon travail d’éducateur professionnel. Elle m’a appris à affiner ma perception des comportements canins et je lui dois beaucoup !

Je n’ai qu’un regret, c’est de n’avoir pas connu plus tôt le malamute et de n’avoir compris que tardivement qu’il faut respecter le chien pour ce qu’il est et non pas pour sa complaisance à se laisser manipuler par nos exigences égoïstes. Et ça, le malamute sait bien le faire !

Qu’Elaska vive sa vie de chien suffit à mon bonheur et j’ose espérer au sien.

Mes remerciements à Judith.

Daniel Garnier
« Entre Chiens et Maitres » le 18/09/2014
















 
Retourner au contenu | Retourner au menu